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AVC : une piste prometteuse pour limiter les séquelles

On déplore chaque jour, en France, plus de 300 cas d’accidents vasculaires cérébraux. 80 à 85% d’entre eux sont dus à l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot sanguin : alors privés de leur alimentation en oxygène, les neurones à proximité se dégradent et meurent. Le seul traitement existant consiste à éliminer ce caillot, ce qui nécessite d’intervenir rapidement, et ne permet donc de traiter qu’une minorité de patients. Les lésions cérébrales peuvent, par ailleurs, persister et s’aggraver longtemps après le début de l’AVC et aucun traitement n’est disponible à ce jour pour les freiner ou pour améliorer la récupération fonctionnelle. Les séquelles sont donc souvent très lourdes : les AVC sont la première cause de handicap acquis chez l’adulte.

Pour protéger les neurones et limiter les séquelles suite à un AVC, des chercheurs du CNRS et de l’université de Caen Normandie (ISTCT · FRE 2001 CNRS-CEA-UNICAEN), de l’université Paris-Est Créteil (CRRET . EA 4397/ERL CNRS 9215) ainsi que de la société OTR3 ont suivi une piste innovante : cibler l’environnement des cellules ou, plus précisément, la matrice qui entoure et sert de support aux cellules cérébrales. L’objectif : protéger les neurones contre la dégénérescence et améliorer la récupération des fonctions motrices et sensorielles. Leurs résultats, qui viennent d’être publiés dans la revue Theranostics, valident cette stratégie : les chercheurs, conduits par Myriam Bernaudin et Omar Touzani (ISTCT · FRE 2001 CNRS-CEA-UNICAEN), ont montré l’efficacité de cette nouvelle approche pour protéger le cerveau et améliorer la récupération fonctionnelle à la suite d’un AVC.

Il s’agit donc d’une piste prometteuse pour limiter les séquelles de l’AVC, qui viendrait en complément des techniques existantes d’élimination du caillot sanguin. Des essais cliniques pilotes devraient démarrer d’ici fin 2019.

Ces recherches ont été soutenues par le CNRS, l’Agence nationale de la recherche, l’Université de Caen Normandie et la région Normandie. Le développement clinique sera assuré avec la société OTR3 qui a reçu le soutien de la Commission européenne avec un financement H2020 SME (n° 811729).

La matrice extracellulaire (marquée en vert) entoure les cellules cérébrales (noyaux marqués en bleu)
La matrice extracellulaire (marquée en vert) entoure les cellules cérébrales (noyaux marqués en bleu).
À gauche, chez des animaux normaux. Au milieu, après un AVC chez des animaux non traités, la matrice est disloquée et les cellules cérébrales dégénèrent. À droite, chez des animaux qui ont été traités après un AVC, l’organisation de la matrice est rétablie et les cellules sont préservées.
©Xavier Laffray / CRRET

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Dernière modification : 29 novembre 2018



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