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Cancer : Patients et soignants face à la pandémie COVID-19

Centre de Lutte contre le Cancer, François Baclesse en collaboration avec ANTICIPE, Unité de recherche interdisciplinaire pour la prévention & le traitement des cancers - UMR-S 1086 UNICAEN-INSERM

C’est l’une des nombreuses conséquences de la pandémie : la continuité de soins pour les affections de longue durée a été considérablement bouleversée. Report des chirurgies, modifications des traitements, réorganisation des soins… Comment les patients et les personnels soignants ont-ils vécu cette période ? Quel est l’impact psychologique de cette crise sanitaire ? Une étude est en cours auprès des deux centres normands de lutte contre le cancer.

Le cancer, dans le contexte de crise sanitaire
L’épidémie de COVID-19 a contraint les établissements de santé à réorganiser la prise en charge des patients suivis pour un cancer. En cause : le risque élevé de développer de sévères complications en cas d’infection. Selon une étude publiée en avril 2020 dans The New England Journal of medicine, 75 % des patients infectés par le coronavirus ont développé une forme grave de la maladie. Pour limiter la propagation du virus parmi une population particulièrement fragile, les hôpitaux ont ainsi parfois modifié le rythme des consultations, privilégié les téléconsultations, changé les traitements médicamenteux, ou encore préconisé des administrations à domicile. « La crise épidémique a entraîné des bouleversements importants pour les institutions, contraintes d’adapter les parcours de soins, mais aussi pour les personnels soignants, confrontés à des choix difficiles, et pour les patients, qui vivent parfois cette situation comme une double peine, » indique le professeur Florence Joly-Lobbedez, oncologue au Centre de lutte contre le cancer François Baclesse et au sein de l’unité de recherche ANTICIPE.

Une étude auprès des patients et des soignants
L’étude COVIPACT, lancée en avril 2020, pendant la période de confinement, vise à documenter les effets de la crise sanitaire sur les prises en charge et les traitements en oncologie. Elle s’intéresse également au vécu des patients et des personnels soignants durant cette période mais aussi à distance, pour évaluer l’impact psychologique d’une telle crise. « Les données sont recueillies auprès des patients et des personnels en hôpital de jour au Centre François Baclesse et au Centre Henri Becquerel à Rouen où sont délivrés les traitements médicaux du cancer, » précise Florence Joly-Lobbedez qui coordonne l’étude COVIPACT. Dans ce contexte de changement brutal, les soignants peuvent ressentir anxiété et frustration, face à des responsabilités parfois lourdes à porter et des annonces difficiles à expliquer aux patients. Cette étude permettra d’évaluer l’épuisement professionnel et le sentiment d’efficacité chez les médecins oncologues et personnels paramédicaux. Elle mesurera également le niveau de stress et d’anxiété chez les patients en cours de traitement. « Tous les patients accueillis en hôpital de jour durant cette période ont été sollicités pour répondre à des questionnaires sur la qualité de vie, le stress, le sommeil et les conditions de confinement. Nous avons déjà réuni plus de 600 réponses. 80 personnels soignants ont également pris part à l’étude. Tous les participants seront de nouveau contactés dans trois mois et dans six mois pour mesurer les effets à distance, et notamment évaluer l’apparition éventuelle d’un trouble de stress post-traumatique. » Les premiers résultats de l’étude seront présentés au Congrès européen d’oncologie médicale, à Madrid, en septembre 2020.

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Dernière modification : 18 juin 2020



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