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Les Ateliers du genre

Les Ateliers du genre sont, depuis trois ans, un espace de travail autour des questions de diffrenciation et de hirarchisation des sexes et des sexualits dans lespace social. Rencontre avec Pauline Seiller et Camille Fremont, chercheuses au CERREV (EA 3918) et membres du comit dorganisation.

Comment sont nés les Ateliers du genre ? Les études sur le genre sont encore assez peu institutionnalisées en France, même si elles gagnent progressivement en visibilité et en légitimité dans les universités. Elles impliquent une perspective pluridisciplinaire et sont, de fait, souvent dispersées dans différentes formations. Les Ateliers du genre ont été créés dans le but de rassembler les chercheurs et chercheuses de toute discipline travaillant, de près ou de loin, sur cette question. Le genre est un concept trop souvent mal interprété, objet de nombreux fantasmes, et il est donc nécessaire de s’emparer de cette question avec honnêteté intellectuelle, pour produire de la connaissance objective. Notre approche est très imprégnée de la sociologie : il s’agit d’interroger les dominations et de réfléchir aux inégalités qui s’exercent dans l’espace social. Notre approche est également très ouverte, ce qui nous permet d’aborder la question du genre sous des angles divers et dans une perspective pluridisciplinaire - travail et genre, classe et genre, sexualité et genre, productions audiovisuelles et genre, langage et genre, éducation et genre etc.

Les Ateliers du genre, ce sont des conférences, des débats et des études de textes. À qui les séances s’adressent-elles ?
À toutes et tous ! Nous proposons chaque année sept ou huit séances d’études de textes et de présentations de travaux de recherche, ouvertes à un large public. Les Ateliers offrent un espace de réflexion pour interroger les formes de domination qui s’exercent. La prise de parole en est un exemple. Conserver la parole, intervenir spontanément, poser des questions, avoir un ton péremptoire, ne pas oser donner son opinion, etc, sont autant d’attitudes reflétant les dominations à l’œuvre dans les rapports sociaux. Il n’y a pas de régulation stricte de la parole au sein des Ateliers, mais nous invitons toujours les personnes de l’assistance à être attentives à cette dynamique. Pour les chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales, l’idée est également de créer un espace de travail pour engager une réflexion méthodologique et épistémologique sur nos propres pratiques de recherche. Quelle place nos appartenances, quelles qu’elles soient, occupent-elles sur un terrain d’enquête ? Comment nous influencent-elles dans le cadre d’observations ou d’entretiens ? Il s’agit de prendre conscience de l’existence de biais ou, comme les apports de la théorie féministe l’ont souligné, du « point de vue situé » dans les pratiques scientifiques.

Après la thématique du corps l’an passé, les Ateliers s’intéressent cette année à l’empuissancement. Comment les séances s’organisent-elles ?
Les séances d’études de textes sont pensées comme des lieux de débats autour de textes de philosophes, de sociologues ou d’anthropologues. Les séances des 22 mars et 17 avril abordent les questions des violences gynécologiques et de la santé mentale. La thématique phare cette année est en effet celle de l’empuissancement ou, en anglais, d’empowerment - un concept qui vise la maximisation de la puissance d’agir individuelle et collective. Mais cette thématique n’est toutefois pas contraignante, les Ateliers restant ouverts à toute opportunité de collaborations. Nous avons d’ailleurs profité cette année d’un partenariat avec le Cinéma Lux pour organiser une rencontre avec la réalisatrice Amandine Gay autour des enjeux de l’afroféminisme - rencontre que l’on peut écouter et réécouter, comme toutes les autres présentations, sur La Forge numérique. La projection de son documentaire Ouvrir la voix, pensée comme archive afroféministe et œuvre d’émancipation, a attiré près de 380 personnes à l’amphi Daure, le mercredi 17 janvier... une affluence record pour les Ateliers du genre ! Le documentaire était projeté en version française sous-titrée en français, et la rencontre avec Amandine Gay était traduite en langue des signes par ELSA · En langues des signes autrement. La Comédie de Caen nous a également proposé un partenariat à l’occasion du festival « Écritures partagées » : une séance des Ateliers du genre s’est donc, pour la première fois, tenue hors-les-murs, au Théâtre des Cordes. Il s’agissait d’une conférence-performance de Rachele Borghi, maître de conférence en géographie sociale à l’université Paris IV et membre du collectif créatif Zarra Bonheur, croisant genre, corps, art et sciences sociales. Ces partenariats sont pour nous l’occasion de penser la recherche autrement, de sortir du strict cadre universitaire et d’aller à la rencontre d’un large public.

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Dernière modification : 26 mars 2018



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