Accueil portail recherche > Actualités > Retour sur...


Le vestibule, un petit organe qui suscite un grand intérêt !

En expliquant l’origine de certains troubles jusqu’alors sans cause connue, les découvertes du laboratoire COMETE peuvent avoir des implications médicales : le projet SVETA

Le vestibule

Qu'est ce que le projet SVETA ?

Le projet SVETA, « Vestibular System, Cognition and Vegetative Regulations », est un programme international d’échange IRSES (International Research Staff Exchange Scheme) ayant pour but l’étude de l’implication du système vestibulaire, partie de l’oreille interne impliquée dans l’équilibration, dans les fonctions cognitives et les régulations végétatives.

Qui coordonne le projet ?

Le projet SVETA est coordonné par Pierre Denise, professeur des universités – praticien hospitalier en physiologie médicale. Il enseigne plus particulièrement la physiologie du système nerveux et la physiologie cardiovasculaire à l’UFR de Médecine, mais également à l’Institut de biologie fondamentale et appliquée de l’université et dans les écoles paramédicales (sages-femmes, infirmiers anesthésistes, infirmiers de bloc opératoire, manipulateurs radio).

Pierre Denise est directeur de l’unité de recherche mixte UNICAEN/INSERM Mobilités : attention, orientation et chronobiologie (U1075 COMETE) et de la structure fédérative de recherche Interactions cellules organismes environnement (ICORE) de l’université de Caen Basse-Normandie.

Quels sont les partenaires du projet ?

Les partenaires sont la France (UNICAEN – coordinateur et Tours), l’ Allemagne (Charité), la Russie (IBMP), la Nouvelle-Zélande (UOTAGO), le Japon (UTOYO) et les USA (UVanderbilt).

Quelles sont les avancées scientifiques et leurs implications dans le cadre de ce projet ?

Dans le cadre du projet SVETA, les principaux résultats des travaux récents portent sur les influences du vestibule sur les fonctions végétatives, les performances cognitives et l’orientation spatiale.

Le vestibule, organe situé dans l’oreille interne n’était considéré que comme un organe intervenant dans l’équilibre et la posture et à l’origine de vertiges en cas de dysfonctionnement (par exemple, maladie de Ménière, vertiges paroxystiques positionnels bénins).

Les travaux de l’équipe de Pierre Denise ont montré que le vestibule intervient également dans les régulations cardiovasculaires (expliquant certaines hypotensions orthostatiques, c’est-à-dire une chute de la pression artérielle lors du passage en position debout induisant une sensation de malaise, voire une perte de connaissance), osseuses (une perte vestibulaire s’accompagne d’une déminéralisation osseuse ressemblant à l’ostéoporose), thermiques (une lésion vestibulaire s’accompagne d’une dysrégulation de la température corporelle), chronobiologiques et même mnésiques.

En expliquant l’origine de certains troubles jusqu’alors sans cause connue, ces découvertes peuvent avoir des implications médicales. Ainsi, certaines déminéralisations osseuses, certains troubles du sommeil ou certains troubles de la mémoire, souvent liés au vieillissement, pourraient avoir une origine vestibulaire, ouvrant ainsi la voie à des traitements spécifiques.

Les agences spatiames vivement intéressées par les travaux de COMETE

L’ensemble de ces dysrégulations secondaires à une lésion vestibulaire ressemble aux troubles éprouvés par les spationautes : déminéralisation osseuse, perte de connaissance au retour sur Terre, désorientation… Ces troubles sont problématiques car incomplètement compris et mal pris en charge. Dans l’état actuel des connaissances ils rendent impossibles les voyages spatiaux vers Mars ou une autre planète. L’hypothèse du projet SVETA est que l’impesanteur, en supprimant la stimulation permanente du vestibule par la gravité terrestre, produit les mêmes anomalies qu’une lésion vestibulaire. Si elle était vérifiée, cette hypothèse déboucherait sur la mise au point de traitements préventifs plus efficaces, car plus adaptés.

Ces résultats ont vivement intéressé les agences spatiales (CNES, ESA, NASA, IBMP en Russie) qui soutiennent plusieurs projets de recherche en découlant directement.

Ainsi, COMETE est investigateur dans deux projets de la NASA déposés aux USA. Des participants à SVETA viennent aussi de l’inclure comme partenaire dans cinq projets en cours de dépôt à l’European Space Agency (ESA). Enfin, COMETE a déposé deux projets à l’ESA et un au CNES, et l’équipe est sur le point de déposer un projet à ROSKOSMOS.

COMETE et l'orientation spatiale

L’unité de recherche COMETE étudie les processus cognitifs intervenant dans les mobilités et en particulier l’attention et l’orientation spatiale dont les dysfonctionnements sont impliqués dans les accidents liés aux déplacements. Pierre Denise et son équipe développent notamment des programmes de recherche sur la physiologie des spationautes, tant dans une optique appliquée que dans une optique fondamentale.

COMETE : un partenaire internationel incontournable

Le Laboratoire COMETE est quasiment devenu incontournable sur la thématique des effets cognitifs et végétatifs du système vestibulaire, en particulier grâce à l’établissement d’un réseau entre l’Europe, la Russie, le Japon et la Nouvelle-Zélande. C’est ainsi que COMETE participe à plusieurs projets de formation doctorale et de recherche :
  • son partenaire néozélandais a bénéficié d’un financement « contrepartie IRSES * » qui lui a permis d’envoyer à l’université de Caen un doctorant pendant 6 mois ;
  • une thèse a été menée en codirection avec l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande) ;
  • une thèse a été menée en codirection avec l’université de Toyo (Japon) ;
  • 3 projets ont été retenus par l’agence spatiale européenne.

Télécharger la page

Dernière modification : 10 février 2017



UNICAEN
Université de Caen Normandie
Esplanade de la Paix | CS 14032 | 14032 CAEN cedex 5