L'émigration régionale traditionnelle est professionnelle. C'est le métier qui forme le ressort de ces cycles migratoires et qui détermine les parcours de ces migrants, par ses modalités de recrutement de la main d'oeuvre, la formation de ses ouvriers et les mécanismes d'insertion et de mobilité sociale. Ils constituent une force de travail non seulement robuste et peu exigeante, mais aussi qualifiée et sûre. Les métiers du bâtiment deviennent, pour ceux qui les possèdent, d'autant plus moyennables à l'étranger qu'ils peuvent s'adapter aux offres de l'industrie internationale et aux demandes locales. Avant leur départ pour l'étranger, les ouvriers adultes ont déjà acquis une expérience dans les chantiers des entreprises des localités de départ. Dans les vallées, ils ont participé aux travaux d'installation des turbines hydrauliques, génératrices d'électricité pour les industries textiles qui s'installent alors au Piémont. D'autres ont appris des techniques qui en ont fait des ouvriers aux spécialités précises et appréciées (tailleurs de pierre, cimentiers, plâtriers, mosaïstes...).

précédent sommaire de l'exposition suivant