Axe DIV : Dominations, Inégalités, Vulnérabilités

Au sein de cet axe, les chercheurs-ses mènent des recherches sur les vulnérabilités et fragilités, sur la stratification et les inégalités sociales, ainsi que sur les rapports sociaux et dominations, en s’intéressant à l’expérience des groupes et acteurs via des travaux empiriques. Le projet de cet axe est, en premier lieu, de rendre compte de la manière dont les inégalités (de sexe, de classe, d’inégalités ethnoraciales, mais aussi générationnelles ou territoriales) traversent différentes sphères du monde social (santé, école, travail, religion, par exemple), prennent des formes renouvelées et segmentent les groupes sociaux. Ces travaux permettent d’étudier les interactions et le cumul des inégalités en pensant, entre autres, l’intersectionnalité. Il s’agit parallèlement de comprendre les processus qui fabriquent les situations de vulnérabilité sociale dans une perspective multifactorielle et dynamique, en articulant les conditions structurelles, les dynamiques collectives et la diversité des trajectoires et des épreuves individuelles. Nombre d’objets sont ainsi regardés au prisme de la vulnérabilité et de la domination : les recompositions familiales, les nouvelles formes de parentalité, les sexualités, l’accès aux soins, l’enfance en danger, les personnes âgées dépendantes, la précarisation de l’emploi, les nouvelles configurations techniques et communicationnelles…

Ces analyses sont adossées à une réflexion critique sur les définitions de la vulnérabilité sociale comme état (la vieillesse, le handicap, la maladie psychique) et comme position relative dans l’espace social (groupes marginaux, précaires). Elles donnent également lieu à une réflexion méthodologique (dans le cadre d'ateliers) sur les catégorisations qui permettent classiquement de penser les inégalités, comme l'âge et les générations ou les classes sociales, les catégories socioprofessionnelles, la racialisation des rapports sociaux. Dominations, vulnérabilités et inégalités sont aussi regardées à l’aune des politiques publiques visant à gérer les conséquences de certaines situations sociales difficiles ou visant à corriger l’inégalité, en interrogeant leurs effets. Enfin, l’étude des inégalités et vulnérabilités permet de penser les formes de résistances des groupes et individus qui font l’expérience de ces dominations et fragilisations et d’analyser les ressources qu’ils mobilisent.

Un premier cycle de deux ans (2016-2018) a été consacré à la notion de vulnérabilité sociale, abordée initialement à travers une réflexion théorique sur la notion, puis confrontée à des études de cas issus des travaux des chercheurs du groupe ou invités.  L’approche théorique et empirique constituent également un cadre de réflexion méthodologique. On se propose, pour la période 2018-2020, de nous focaliser, en suivant la même méthode, sur le concept de domination dans les traditions sociologiques et leurs applications contemporaines. Ce programme abordera en particulier les problématiques de domination institutionnelle et d’intersectionnalité des formes de domination.