Séminaire de l'ERIBIA

Le laboratoire ERIBIA propose un séminaire interdisciplinaire qui réunit les chercheurs littéraires et civilisationnistes de LSA et de GREI et leurs invités de la communauté universitaire internationale et nationale. Au cours de ces dernières années, le Séminaire ERIBIA s’est interrogé sur plusieurs questions en rapport avec la mémoire.

Le séminaire de l’ERIBIA est organisé par les membres des deux équipes internes et dirigé alternativement par le membre de chaque équipe (Penny Starfield 2012-2017 ; Bertrand Cardin 2017-). Il recouvre des aspects de tous les axes et est ouvert aux enseignants-chercheurs issus des équipes du domaine des Sciences  Humaines de Normandie Université, d’autres établissements universitaires en France et à l’étranger, ainsi qu’aux professionnels de la culture.

Le séminaire assure également le lien avec la formation, à travers des conférences Agrégation/Recherche. Depuis la rentrée 2020, les Doctorants rattachés à l'ERIBIA organisent et animent leur propre séminaire (voir menu "Séminaire doctorants").

 


Thématiques retenues

2019-2021 : Empreintes et territoires. 

La perspective sur les Mémoires Culturelles Anglophones adoptée pour le contrat 2010-2016 fut celle d’une approche dynamique des représentations de la mémoire en interaction avec des contextes culturels, sociaux, économiques. Dans un deuxième volet, pour le contrat 2017-2021, nos recherches se concentreront sur les reconfigurations des représentations de la mémoire et des formes d’histoire culturelle dans un contexte de globalisation et des nouvelles technologies (Projet ERIBIA pour le contrat 2017-2021).

La polysémie de ces termes, envisagés isolément et/ou conjointement, semble propice à une réflexion à la fois large et précise, pluridisciplinaire et répondant aux thématiques de recherche actuelles :

  • en littérature, on peut travailler sur le texte en tant que territoire, parcours mémoriel, sur l’intertextualité en tant qu’empreinte. Il est également possible d'envisager l’empreinte sur un plan plus matériel, d'aborder les notions de typographie, d’ancrage/encrage, de trace et de dilution, de gravure et d'impression. Le manuscrit, oeuvre originale destinée à être reproduite, peut être objet d'étude : manuscriptologie, critique génétique, manuscrit gratté pour un nouveau texte (palimpseste), le manuscrit/tapuscrit à l'ère informatique : mémoire du transitoire destinée à l'amnésie ?... La numérisation en tant que territoire à parcourir (à conquérir ?) peut également donner lieu à une réflexion intéressante, en rapport avec la mémoire.
  • dans le domaine des arts visuels, beaucoup de choses ont déjà été écrites sur les liens entre production artistique, territoire et mémoire. Ces thématiques peuvent également être envisagées sous l’angle des nouvelles technologies à travers les questions posées par la numérisation : comment rendre l’image, notamment dans ses rapports avec le texte ? Quels sont les défis posés par les nouvelles technologies en matière de rendu de l’image (quelles images ?) Exemples de sites d’archives numériques. Sur un plan matériel, l’empreinte est la marque (en creux ou en relief) laissée par un corps qu'on presse sur une surface. Arts graphiques, presse illustrée. Questions « territoriales » soulevées par l’adoption, à différents moments, de modes d’impression spécifique (frappe, effigie, estampille, moulage, clichage...).
  • en civilisation, la mise en tension des deux termes semble très bien fonctionner. Le territoire peut être géographique et être envisagé comme portant l’empreinte d’un pouvoir. La relation entre espace et identité : territoires d’implantation, territoires identitaires, notions d’exil, de diaspora ; manifestations sociales, culturelles, politiques de ces relations.

L’empreinte du territoire sur la mémoire ; la mémoire en tant que territoire à parcourir. Sur un plan historiographique, le territoire peut se rattacher à un mode de pensée, à une conception de l’histoire, à l'empreinte d'une pensée sur un domaine/champ scientifique ; il peut renvoyer à des découpages temporels adoptés ou au contraire contestés (conflits actuels sur ces découpages).

Avec les thématiques "du matériel au virtuel" (ou le contraire) : le virtuel peut renvoyer à une empreinte du matériel et le matériel peut être le résultat d'une empreinte virtuelle (imprimantes 3D, par exemple). 

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2016-2018 : Mémoires et oublis / Memory and Forgetfulness. Ce cycle de séminaires fait suite aux deux cycles précédents : « Après la bataille : la mémoire restituée » (2012-14) et « Mémoire, transmission, création » (2014-16), qui travaillaient davantage sur une succession de concepts, d’abord sur la reconstitution de la mémoire après des événements traumatiques, ensuite sur des liens en amont et en aval entre la mémoire et la création et / ou la transmission. Le rapprochement entre  «mémoire» et « oubli » évoque tout d’abord une opposition entre les deux termes, mais suggère aussi une relation de nécessité.

En appuyant sur les spécialités des uns et des autres, à l'intérieur de nos deux axes de recherches, GREI et LSA, de nos préoccupations littéraires ou civilisationnistes, plusieurs pistes de recherches sont possibles. Voici quelques éléments de réflexion:

Qu'est-ce que la notion d'oubli apporte à l'analyse de la mémoire? En naviguant entre le français et l'anglais, plusieurs termes sous-jacents apparaissent, et il serait parfois erroné de trouver un sens correspondant entre homonymes ou consonances semblables: par exemple, oubli /oblivion; vide / void. Quelle distinction faire entre emptiness et void, forgetting et forgetfulness, entre l’oubli et l’effacement ? Au cours des siècles, des glissements de sens paraissent (par exemple, le mot "oblivion").

L’oubli est souvent considéré comme synonyme de refoulement, tout particulièrement à la suite d’événements traumatiques ? Il sera intéressant d’étudier comment les œuvres littéraires (artistiques, etc.) abordent le rapport mémoire/oubli après de tels événements, autant au niveau collectif qu’individuel. L'oubli, l'absence, le vide, sont-ils parfois salutaires, nécessaires ? Que faire de l’absence de connaissances historiques (d'une œuvre, d'un auteur, mais aussi d'un pays, un peuple)? Au cours des derniers séminaires, certains invités ont adressé la question des commémorations officielles qui rappellent des événements importants historiques. Il sera intéressant de poursuivre ces interrogations. Par exemple, les commémorations collectives ou individuelles permettent-elles de lutter contre l’oubli ou ne font-elles construire de nouvelles mémoires ? Un autre axe de recherche concerne les archives et la collecte de données. Longtemps, l'absence de traces concrètes de la mémoire fut considérée comme obstacle dans la reconstruction historique d'événements ; de nos jours, le trop plein de matériel que nous rencontrons pose aussi la question de la validité de certaines informations, et fait réviser peut-être les notions de sauvegarde, de filtrage et de triage.

Les lieux de la mémoire font déjà l’objet de recherches. Quels espaces existent-ils pour l’oubli ? Le vide devient « parlant » sur la page blanche de la création (les blancs d'un poème, d'un tableau de Warhol). A la nécessité du vide (et non pas l'attrait de l'abîme), s'oppose le surplus de l'écran télévisuel, qui remplit chaque espace d'images et de traces écrites, concordant et discordant, qui se dédoublent dans la bande sonore. La saturation d'informations propose une vision dans l'instantané, qui ne se rattache ni à la mémoire, ni à l'oubli, qui s'efface et se reconstitue en continu. Cette absence de substrat, qui se reposerait sur, et donnerait suite à, du vide, n’entre-elle pas dans un cycle d'oblitération ?

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Mémoire, transmission et création. Le Séminaire ERIBIA de 2014-2016 poursuit son interrogation sur la question de la mémoire comme entité constructive dans le travail de reconstitution. Au cours de ces deux années, l’accent est mis sur les processus de transmission et de création dans la restitution de la mémoire et la reconstruction individuelle ou collective. Les interventions par des spécialistes de différents domaines des aires culturelles anglo-saxonnes, portent sur la poésie, le roman, la photographie et le cinéma, ainsi que sur la place des archives dans la conservation et la transmission de l’histoire.

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Intitulée « Après la bataille : la mémoire restituée », la thématique de 2012-2014 s’est penchée sur la mémoire comme entité constructive dans le travail de reconstitution personnelle ou collective suite à une période de conflit ou à un événement traumatisant (guerre, dictature, colonisation, esclavage, viol, crime...). Autour des termes de restitution, réconciliation et reconstruction, les interventions traitaient de la confrontation avec le quotidien des victimes d’expériences traumatiques et de leurs enfants, ainsi que sur l'héritage transmis aux descendants (d'esclaves, de colonisés...).

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ERIBIA Seminar, 2014-2016. Memory, transmission and creation. The present cycle continues research on questions related to memory as a constructive and restoring entity. It emphasises the processes of transmission and creation in the restitution of memory and individual or collective reconstruction. It brings together specialists from a variety of fields: poetry, the novel, photography, film and music, as well as the place of archives in the conservation and transmission of history. A seminar on World War I will be held on 12th November, 2015.

ERIBIA Seminar, 2012-2014. Aftermaths : restoring memory. The theme of "aftermaths" considered personal or collective experiences after conflict or a traumatic event (war, dictatorship, colonization, slavery, rape, crime...). The seminar focused on the transformation of the lives of those who have experienced trauma, the effects on the daily lives of children of survivors and trauma-sufferers ("post-memory") and the transgenerational heritage (descendents of slaves, etc). Memory as a constructive process was also stressed, around the concepts of restitution, reconciliation and reconstruction.

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