Le déclin des services publics : traces et marquages

Cette photographie, prise en février 2020 dans le centre-ville de Gisors (27), représente quatre panneaux de signalisation. Deux d’entre eux apportent une information : « Gendarmerie » et « Pompiers ». Les deux autres, sans indication, laissent cependant deviner, pour le piéton, d’anciennes écritures. Sur le panneau du haut était inscrit « France Télécom » et sur le deuxième « Perception ».Nous avons ici l’illustration du déclin des services publics dans les villes petites et moyennes de France, notamment en Normandie. Les services publics, après avoir été largement déconcentrés pour mailler de manière fine l’espace français, se reconcentrent depuis plus de vingt ans dans les grandes villes : préfectures et sous-préfectures. Ce déclin des services publics est une conséquence de la volonté de l’Etat de réaliser des économies budgétaires en termes de masses salariales.Ce déclin des services publics, et les marques et traces qu’il laisse, est révélateur d’un éloignement des pouvoirs publics. Il suscite parfois un sentiment d’abandon parmi les populations concernées, surtout quand il est concomitant à d’autres dynamiques de réduction de l’offre de services publics. C’est le cas de la SNCF, qui supprime ou réduit la fréquence des dessertes de nombreuses petites lignes, également pour cause d’économies budgétaires.La recherche d’économie se traduit également par la privatisation des services publics. « France Télécom » est un ancien service public devenu une entreprise privée (« Orange »). À Gisors, comme dans de nombreuses autres villes petites et moyennes, des panneaux directionnels présentent des traces d’une offre de service autrefois plus étoffée.

Quentin Brouard-Sala