Expériences de lecteurs - Regards croisés sur l'histoire et la fiction

Lieu : MRSH
Début : 03/10/2014 - 09:00
Fin : 03/10/2014 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Pascale Mounier

 

Expériences de lecteurs. Regards croisés sur l'histoire et la fiction

Dans le cadre du séminaire itinérant « Histoire et fiction : la fabrique du réel » (animé par Monica Martinat, université Lyon 2, et Marco Sirtori, université de Bergamo).

Le travail de l'historien et celui de l'écrivain peuvent avoir en commun la recherche de la vérité historique. Depuis quelques années en France une compétition silencieuse anime la création littéraire (Les Bienveillantes, 2006 ; HHhH, 2009) et historique (Léonard et Machiavel, 2008 ; Les Conférences de Morterolles, 2011), rendant très poreuses les frontières entre les formes d'approche du passé. Ces phénomènes de contamination des genres ont retenu l'attention de la critique et fait l'objet de travaux variés (Annales. Histoire, Sciences Sociales, n° 2, 2010 ; Acta Fabula, juin-juillet 2011 ; Le Débat, n° 165, 2011). Mais la réflexion sur les points de passage et la démarcation entre les modes d'enquête sur le vrai ne date pas d'aujourd'hui. Elle peut aussi venir des auteurs. Nous envisageons ainsi de réfléchir à la réception qu'un historien peut réserver à un roman et à celle qu'un écrivain peut faire d'un livre d'historien, sans limitation chronologique. Par exemple tel écrivain rend compte de sa lecture d'Hérodote, de Valère Maxime, de Marc Bloch, ... ou tel historien de sa lecture de Sue, de Zola, de Binet, ... À cette occasion, il livre des éléments sur sa conception de l'histoire ou de la fiction.

 

Les renseignements valent moins en termes de sociologie de la lecture que de théorie des démarches de saisie du passé. Les témoins donnent des indications sur la manière dont l'auteur qu'ils lisent définit un protocole d'accès au vrai, voire sur ce qu'il entend par la « vérité » sur les faits. Ils tâchent toujours de catégoriser le texte qu'ils lisent, s'appuyant sur des repères internes ou externes de reconnaissance générique et prenant position par rapport aux éventuels flottements que le texte ménage. Ils font parfois des remarques sur la position du narrateur-auteur par rapport à ce qu'il rapporte, sur la forme narrative qu'il adopte ou plus généralement sur le traitement du passé. Parler de l'autre est aussi l'occasion de parler de soi. La réception est en somme l'occasion plutôt que d'une mise en question des spécificités de chaque discipline, d'une mise au point générique, voire épistémologique. Autrement dit comment le témoin perçoit-il sa propre démarche, par différence avec celle de l'auteur ? Encore peut-on discuter de la portée exclusivement théorique du témoignage, celui-ci répondant à des contraintes rhétoriques propres (lettre, essai, discours préfaciel, mémoires ou déjà récit de fiction).

 

Étant eux-mêmes auteurs, les lecteurs peuvent par ailleurs utiliser le texte qu'ils commentent dans l'une ou l'autre de leurs productions personnelles (récit de fiction, poème, pièce de théâtre, essai didactique ou historique). Ils en reprennent des éléments et poursuivent dans leur création la réflexion sur la frontière entre les genres. Comment agencent-ils leur source dans le nouveau texte qu'ils produisent ? Suivent-ils ou non la perspective adoptée par leur modèle et par les pistes qu'ils ont indiquées dans leur commentaire de lecteurs ? Le jugement qui ressort de l'expérience d'écriture a-t-il la même orientation axiologique que celui du témoignage de lecture ?

 

C'est donc à partir de différentes formulations de regards croisés que nous travaillerons sur les spécificités du travail de l'historien et de celui de l'écrivain. Les études permettront de balayer un large empan diachronique : de l'Antiquité au XXIe siècle.

 

Programme :

  • Conférences : La réception d’auteurs antiques

9 h 30 : Corinne Jouanno (UCBN, CRAHAM) : Homère historien de la guerre de Troie ? Regards critiques des historiens grecs sur les poèmes homériques.

10 h : Luciana Romeri (UCBN, CRAHAM) : Fiction et histoire chez Lucien.

11 h 15 : Pascale Mounier (UCBN, LASLAR) : La « conformité » des « histoires anciennes » et des « modernes » : Hérodote lu par Henri Estienne.

11 h 45 : Marie-Hélène Boblet (UCBN, LASLAR) : Energeia, Akribeia : écrire Les Disparus dans le sillage d’Hérodote et de Thucydide.

Après-midi

  • Table ronde : L’auteur face à son double : attraction ou répulsion des approches du passé ?

14 h 30 : Des historiens lecteurs d’écrivains.

16 h 15 : Des écrivains lecteurs d’historiens.

 

En présence de :

Marie-Hélène Boblet (UCBN, LASLAR)

Marc Dambre (Paris 3)

Brigitte Diaz (UCBN, LASLAR)

Olivier Dumoulin (UCBN, CRHQ)

Silvia Fabrizio-Costa (UCBN, LASLAR)

Ida Giordano (université de Tours, ICD)

Benoît Marpeau (UCBN, CRHQ)

Monica Martinat (université Lyon 2)

Anna Mirabella (université de Nantes)

Pascale Mounier (UCBN, LASLAR)

Marco Sirtori (université de Bergamo)

 

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