L'auteur et ses stratégies publicitaires au XIXe siècle

Lieu : MRSH - Salle des actes
Début : 04/02/2016 - 09:00
Fin : 05/02/2016 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Brigitte DIAZ

Colloque international organisé dans le cadre de l’ANR LITTéPUB « Littérature publicitaire et publicité littéraire de 1830 à nos jours »

Ce colloque se propose de recenser et d’analyser les multiples modifications que la transformation de la scène littéraire et artistique en scène marchande ainsi que la naissance de ce que Sainte-Beuve a appelé la « littérature industrielle » (1839) ont entraînées chez les écrivains du siècle. Si la publicité éditoriale se généralise dans ses pratiques les plus concrètes (annonces, réclames, affiches), elle enjoint également aux auteurs eux-mêmes d’observer, sinon de servir des stratégies médiatiques qui modifient sensiblement leurs pratiques. C’est ce dernier aspect qu’on privilégiera en focalisant notre regard sur les producteurs plus que sur les médiateurs de l’œuvre littéraire : sur les écrivains plus que sur les éditeurs et les critiques.
Qu’il les déplore ou qu’il s’en félicite, l’écrivain du XIXe siècle ne peut ignorer les nouvelles règles de la « circulation littéraire » (Balzac) et ses réactions à cet égard sont souvent ambivalentes, comme en attesteraient maints dialogues épistolaires. De nombreux écrivains affichent une farouche résistance, tout à la fois éthique et professionnelle, contre cette nouvelle donne commerciale qui fait de la littérature une marchandise, de l’éditeur « un vendeur qui n’apprécie que le client qui achète » (Sand, 29 novembre 1872, lettre citée plus haut), et de l’auteur le fournisseur d’un produit soumis aux aléas des modes et du marketing. Mais il arrive aussi qu’ils y adhèrent, rarement de manière directe, mais souvent par des voies détournées et des stratégies de contournement. Les procédés des écrivains autopublicitaires sont multiples ; ils témoignent de démarches auto-promotionnelles qui se pratiquent le plus souvent non pas en solitaire mais en faisant appel à des complices amicaux, ou à des réseaux connivents : prospectus rédigés par l’auteur lui-même ; articles critiques téléguidés ; échanges de préfaces allographes complaisantes ; créations d’organes de presse ; constitution de groupes littéraires et lobbying… Quelles que soient les formes et les cibles de ces stratégies publicitaires, c’est principalement du point de vue de l’auteur et non des autres acteurs de la communication littéraire qu’elles seront envisagées ici de manière privilégiée. Mais c’est là une focale qui met nécessairement en perspective tous ceux qui participent au processus : éditeurs, agents littéraires, critiques, journalistes, public.

Ce colloque, organisé par le LASLAR [EA4256], se tiendra les 4 et 5 février 2016 à la MRSH de l’université de Caen. Il s’inscrit dans le programme ANR LITTéPUB – « Littérature publicitaire et publicité littéraire » – porté par Myriam Boucharenc (Centre des Sciences de la Littérature française - EA 1586. Université Paris-Ouest Nanterre). Il fait suite au colloque « Littérature et publicité. De Balzac à Beigbeder » organisé en 2011 par Laurence Guellec et Françoise Hache-Brissette, partenaires de l’ANR  LITTéPUB.
 

« Conférences-Atelier » : dans le cadre de l’ANR LITTéPUb une série de conférences aura lieu à l’IMEC durant l’année 2015-2016. Un fonds d’archives sera présenté par un spécialiste à chaque séance pour engager une réflexion sur les stratégies éditoriales des écrivains du XXe siècle. (Les dates seront précisées par la suite).

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