L’Image, le secret

Lieu : Centre Culturel de Cerisy-la-Salle
Début : 28/09/2016 - 09:00
Fin : 01/10/2016 - 08:15
Responsable(s) scientifique(s) : Julie Wolkenstein

Dans la tradition occidentale, l’image a une double face. Elle est avant tout évidence ouverte à tous : elle est le liber idiotarum qui donne à tout le peuple chrétien accès à ce qui est réservé aux lettrés. Mais elle est aussi l’instrument du secret : elle introduit à des vérités cachées, inaccessibles aux moyens ordinaires du langage.

Cette face ésotérique a fasciné les arts. Non seulement la peinture, mais la littérature – en particulier au XIXème siècle –  puis le cinéma, au siècle suivant : l’image y est souvent le lieu d’une vérité cachée, et partant, d’une révélation possible. La fameuse « image dans le tapis » d’Henry James, pour simplifiée et détournée qu’en aient été la traduction et l’interprétation, est l’emblème de cette idée selon laquelle, parfois, une image peut rendre compte, mieux qu’une analyse, d’une vérité cachée. D’une tout autre façon, Le portrait de Dorian Gray serait aussi la figure d’une vérité révélée par l’image.

Au cinéma, des œuvres comme Meurtre dans un jardin anglais (Greeneway) ou Barton Fink (Coen) construisent leurs récits autour d’une telle hypothèse.

Plus largement dans le temps, on peut s’interroger sur les mythes, les légendes ou les œuvres qui placent la représentation iconique dans une disposition essentiellement différente du texte – disposition à contenir une vérité d’une part, à la révéler d’autre part.

Il y aurait ainsi à interroger le caractère « énigmatique » de l’image, sa capacité à cacher ce qu’en même temps elle expose. Par quels jeux, leurres, scénographies narratives, parvient-elle à détourner le regard ou l’intelligence du spectateur/lecteur pour lui celer l’essentiel, tout en l’incitant à l’y chercher ?

 

Comité scientifique : JulieWolkenstein (Université de Caen), Vincent Amiel (Université Paris I), Bruno Boerner (Université de Rennes), Jean-Loup Bourget (ENS Paris), François Lecercle (Université Paris 4), José Moure (Université Paris 1), Baptiste Villenave (Université de Caen).

Ce colloque est co-organisé avec les centres de recherche de Paris I et de Paris IV.

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