Revisiter le cinéma français classique : les genres et leurs acteurs et actrices

Lieu : INHA, salle Walter Benjamin (Paris)
Début : 12/12/2009 - 08:00
Responsable(s) scientifique(s) : Geneviève Sellier, Delphine Chedaleux, Gwénaëlle Le Gras, Raphaëlle Moine.

  ORGANISATRICES

* Delphine Chedaleux, doctorante à l'Université de Caen

* Gwénaëlle Le Gras, post-doctorante (Institut Émilie du Châtelet/Université Paris Ouest Nanterre La Défense)

* Raphaëlle Moine, professeure à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense

* Geneviève Sellier, professeure à l'Université de Caen, membre de l'Institut Universitaire de France

 

Avec le soutien de l'équipe Histoire des arts et des représentations (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) et de l'équipe LASLAR (Université de Caen), et de l'Institut Universitaire de France.

 

Le cinéma populaire français d'avant la Nouvelle Vague est le continent oublié des études cinématographiques ; peu étudié, il est aussi peu enseigné dans nos universités, à l'exception de quelques « écoles » (le réalisme poétique par exemple) et quelques cinéastes, dont les films ont été mis au panthéon par la « politique des auteurs ». Nous nous proposons d'explorer le cinéma français des années 1930, 1940 et 1950 en dépassant la dichotomie anachronique entre « cinéma d'auteur » et « cinéma commercial », pour tenter de l'appréhender tel qu'il était perçu par ses contemporains. Pour ce faire, il faudra constituer des corpus représentatifs des goûts de l'époque, en y intégrant des films oubliés qui rencontrèrent en leur temps un très large succès public. Nous aborderons le cinéma français classique par le biais des genres et de leurs acteurs, typiques de ce cinéma populaire où cohabitent des films qui deviendront du « panthéon », des « films du sam'di soir » et des films de qualité tombés dans l'oubli.

Un tel choix implique de nouvelles approches : il ne s'agit plus d'établir des hiérarchies esthétiques ni de repérer des styles, mais de comprendre le sens des films dans leur contexte de production et de réception. Nous tenterons d'acclimater l'histoire culturelle et les approches élaborées par les chercheur-e-s anglophones (cultural studies, gender studies, star studies).

Dans cette perspective, nous avons retenu trois genres principaux qui caractérisent la production de cette longue période : la comédie, avec ces variantes (boulevard, vaudeville, comique troupier, comédie de mœurs) ; le film policier et criminel ; le film à costumes (film historique, cape et épée). Non pas que ces trois genres soient les seuls, mais ils dominent ces trois décennies tout en donnant au cinéma français sa couleur propre.

Ces genres ont largement conditionné l'emploi des acteurs les plus populaires et construisent ainsi les représentations dominantes de l'époque : nous nous proposons donc de constituer des corpus en croisant genre et acteur, pour faire apparaître les traits saillants de ce cinéma populaire. Nous attendons des communications qu'elles nous éclairent sur la manière dont les acteurs contribuent, de manière individuelle ou collective, à donner à ces genres leur spécificité. Mais nous chercherons aussi à comprendre comment certains acteurs ont pu faire évoluer les genres, à travers leur aptitude à circuler d'un genre à l'autre. Ainsi la question de l'hybridité des genres sera pensée par rapport à la plasticité des acteurs. De même nous pourrons aussi explorer l'évolution de l'image des acteurs à travers leur circulation d'un genre à l'autre.

 

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