Vous avez dit : prose ?

Début : 29/01/2009 - 10:15
Responsable(s) scientifique(s) : Laure Himy-Piéri

Que peut-il y avoir de commun entre la prose des textes philosophiques, argumentatifs, narratifs ? Parle-t-on toujours de « prose » lorsqu'on évoque les « poèmes en prose » ? Y a-t-il dans l'expression « prose poétique » quelque chose qui relève de l'oxymore, et quel adjectif serait alors le pendant de « poétique » pour qualifier de façon adéquate « la prose » ? Comment se fait-il que l'adjectif « prosaïque » ne recouvre pas le champ de ce que l'on s'accorde - intuitivement - à reconnaître comme prose ?

Sans répondre à la question de « qu'est-ce que LA prose », sans même la poser, puisque la variété des textes fait éclater une approche si résolument conceptuelle, on pourra plus modestement, mais sans doute plus efficacement, décrire des textes en prose, et proposer à partir de là des  dispositifs nommés « prose ». Parle-t-on de la même chose lorsqu'on dit « prose » pour le Dictionnaire philosophique et pour Candide ? pour un pamphlet ou un roman ?  C'est peut-être aussi en s'interrogeant sur des formes moins canoniques et plus difficiles à cerner que la réflexion trouvera à s'alimenter, et l'exemple de Hugo est à cet égard extrêmement riche : c'est dans le vers de théâtre, on le sait, qu'il a pratiqué ses fameuses atteintes au Vers : l'affaiblissement du vers qui lui est reproché - et dont on pourrait discuter -  revient-elle à tirer le vers du côté de la prose ? Peut-on établir un rapport entre la prose romanesque de Hugo, et son traitement du vers de théâtre ?

L'ensemble des questions, dont la liste reste naturellement ouverte, viendra alimenter la réflexion sur une « poétique de la prose ».

Fichier(s) à téléchargerProgramme de la manifestation