Contre l’État. La place des femmes dans le mouvement anarchistes

Lieu : MRSH - salle des actes SH027
Début : 13/05/2016 - 16:00
Fin : 13/05/2016 - 18:00

Intervenant∙e∙s : Irène Perreira et le collectif Émancipation d’Angers
Discutant : Simon Le Roulley

 

  • Irène Pereira (PRCE en philosophie à l'ESPE de Créteil, Docteure HDR en sociologie) : Anarchiste, féministe et pragmatiste: peut-on être les trois à la fois ?

Ces trois notions ne sont pas nécessairement simples à articuler. En effet, au premier abord, l'anarchisme semble par sa radicalité s'opposer à l'approche pragmatiste. De même, le féminisme et l'anarchisme n'ont pas toujours fait bon ménage au cours de leurs histoires respectives.
Néanmoins, il est peut être possible de voir dans ces trois approches un souci commun de partir des pratiques militantes pour élaborer une réflexion théorique. Le pragmatisme affirme le primat de l'action sur la théorie: une proposition est évaluée à partir de ces conséquences pratiques. L'anarchisme a mis à la base l'action directe comme pratique militante. Les féministes sont parties de leurs points de vue situés pour élaborer des revendications et des épistémologies. Voici donc trois approches qui nous invitent à refuser le point de vue supérieur et transcendant de ceux d'en haut pour adopter le point de vue d'en bas, des subalternes.

 

En 2008, la volonté conjointe de monter un collectif travaillant sur la question du sexisme et du patriarcat émerge de la part d'étudiant-e-s et de membres de l'Etincelle (lieu militant associatif et autogéré à Angers).
C'est alors que se créé le collectif Émancipation, collectif féministe, anti-sexiste et anti-patriarcal, qui s'inscrit dans la lutte contre le système de domination lié aux rapports de genre.
Le collectif travaille à son échelle à l'abolition de toutes les formes de discriminations qui en découlent (violences, sexisme ordinaire, homophobie, transphobie, lesbophobie, etc). Il considére que les luttes féministes s'inscrivent dans une lutte plus globale contre toutes les oppressions, qu'elles soient religieuses, capitalistes, fascistes, racistes...
Autofinancé est indépendant de toute organisation politique, les modalités d'action du collectif peuvent être diverses : conférences, débats, vidéoprojections, festival (festival Émancipation), concerts, soirées de soutien, infokiosk mobile (composée de brochures, ouvrages et supports de réflexion), rassemblements, manifestations locales et nationales, participation à des émissions de radio…
Le collectif peut également prendre part à l'organisation d'événements particuliers en collaboration avec d'autres collectifs féministes. Il soutient les initiatives locales qui visent à combattre les rapports de domination et cherche à maintenir une vigilance quant aux faits de société et d'actualité qui concernent les femmes, gays, lesbiennes, bi , trans et intersexes.
Le collectif est mixte, bien qu’il puisse se réunir ou proposer des temps en non-mixité. II se réunit régulièrement pour organiser différentes actions ou discuter sur des questions relatives à nos thématiques.
Le collectif Émancipation fonctionnons au consensus et de manière non-autoritaire. Ses réunions sont ouvertes à tout-e individu-e en accord avec les idées et le mode de fonctionnement du collectif.