Sociétés - Espaces ruraux - 26e année

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Début : 08/10/2019 - 10:00
Fin : 08/10/2019 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline, Jean-Marc Moriceau

Au programme :

  • Les instituteurs au village, entre Lumières et Révolution. XVIe-XVIIIe siècles, par Côme Simien, docteur en histoire moderne, professeur agrégé d’histoire
    Résumé : Devenues de plus en plus présentes dans le monde rural français depuis le XVIIe siècle, les petites écoles occupent, au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, une place singulière dans le dispositif villageois. Véritable factotums locaux, recrutés et rémunérés par une communauté qui leur dicte la conduite qu’ils devront tenir, les maîtres d’école accomplissent en effet, dans l’école comme hors de celle-ci, une multitude de services indispensables à l’expression du fait communautaire : chantre, bedeau, sacristain, sonneur des cloches, remonteur de l’horloge, arpenteur… Cela conduit les communautés rurales à s’approprier sans cesse davantage cette fonction, jusqu’à faire de l’école et de ses régents une véritable institution de proximité, lieu d’expression essentiel de l’aspiration locale à une forme d’auto-gouvernement. La Révolution et ses ambitions d’établir un système d’éducation uniforme et cohérent à l’échelle nationale, afin de forger, par l’instruction publique, les citoyens de demain, ne viendra pas, malgré ses déclarations d’intentions et ses premières réalisations, bouleverser cette appropriation villageoise de l’école. Tout au contraire, celle-ci ressort plus forte de la décennie révolutionnaire qu’elle n’y était entrée. Passant un temps (1794-1795) par l’école publique de la République, cet investissement local de la fonction d’instituteur s’épanouira ensuite, au temps du Directoire, par les écoles privées. C’est par celles-ci que se maintient le maillage scolaire du monde rural et ce sont par elles, entre autres moyens, que les communautés villageoises tentent de se perpétuer dans l’informel institutionnel qui est désormais le leur (le Directoire supprimant les 40 000 communes du pays pour les remplacer par 10 000 municipalités cantonales).
  • Du périurbain aux campagnes urbaines :  habiter autrement la métropole, par Claire Aragau, Maître de conférences, Univ. Paris Nanterre. Lab. Mosaïques - UMR LAVUE
    Résumé : Le périurbain est passé sous les feux des projecteurs après les années 2000 comme contre-modèle de la ville durable, il est pourtant l’espace de vie de 30 % des Français classés souvent parmi les relégués de la ville. La présentation souhaite revenir sur un certain nombre d’idées reçus à propos de ces espaces peut-être trop souvent appréhendés depuis un regard urbano-centré ; la grille de lecture proposée empreinte à la géographie rurale pour lire des dynamiques métropolitaines qui s’émancipent des agglomérations centrales. Au-delà d’une terminologie qui hésite et peine à rendre compte de l’entre-deux ville-campagne, certains préférant parler de campagnes urbaines plutôt que de périurbain, ce sont les pratiques ordinaires composant l’habiter qui guideront notre lecture d’une recomposition métropolitaine par ces franges.