Le sport en ville. Une histoire de Paris à travers ses espaces sportifs

Lieu : MRSH, Université de Caen, campus1, amphithéâtre
Début : 22/01/2019 - 14:00
Fin : 22/01/2019 - 17:30
Responsable(s) scientifique(s) : Ludovic Lestrelin

Dans le cadre du séminaire pluridisciplinaire Les mutations de l'urbain organisé par le programme "Villes et sciences sociales"

Séance organisée par Ludovic Lestrelin (UFR STAPS).

Dans quelle mesure le sport constitue-t-il une porte d’entrée particulièrement heuristique pour comprendre les mutations de la ville ? Deux historiens, tous deux maîtres de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne, se succéderont au cours de l’après-midi afin d’exposer ce que le développement des activités sportives, dans leur double dimension de pratique et de spectacle, dit des processus urbains.

Sylvain Ville présentera un travail sur la genèse de l’espace pugilistique parisien entre 1900 et 1920. La boxe anglaise professionnelle compte, en effet, parmi les principaux spectacles sportifs du début du XXe siècle à Paris. Le plus souvent, les boxeurs s’affrontent pour de fortes sommes d’argent, dans de grandes salles de spectacle, devant un large public. Parallèlement, cette pratique est structurée « comme un sport », dans la mesure où une fédération tente de la réglementer et prétend ainsi gérer son organisation. La boxe apparaît alors comme une activité doublement codifiée, par le sport et par le spectacle. C’est cette double structuration que Sylvain Ville questionnera. Pour cela, il se concentrera sur les lieux de déroulement de ces spectacles, à savoir les salles. Leur analyse n’est en rien anodine. Au contraire, leur emplacement et leur gestion laissent entrevoir une multitude d’enjeux pour les organisateurs comme pour les boxeurs, illustrant combien la boxe est à la fois un sport et un spectacle.

Julien Sorez proposera, quant à lui, une sociohistoire des pratiques sportives « dans les interstices de l’espace urbain », en postulant qu’elles renseignent la manière dont se constitue l’ordre urbain. Si les récits sur l’origine des sports modernes à la fin du XIXe siècle laissent une place conséquente aux espaces publics non spécifiques (parcs, rues, etc.), le développement des sports consacre souvent une suprématie des espaces sportifs standardisés, qui efface la visibilité des autres formes de pratique. Or, une analyse minutieuse et croisée de différents corpus d’archives témoigne tout au long du XXe siècle du maintien de ces pratiques qui se situent dans les interstices de l’espace urbain. Ce faisant, elles troublent l’ordre public et perturbent les autres usagers. Que nous apprennent ces pratiques sur leurs pratiquants et les fonctions sociales d’activités affranchies de l’organisation sportive fédérale ?

 

Contact