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RICOCHET

Repenser lamnagement des territoires ctiers

Les chercheurs du laboratoire LETG-Caen Geophen suivent de prs la dynamique des espaces littoraux et le recul du trait de cte alors que lrosion des falaises se poursuit inexorablement sur les ctes normandes. Le phnomne inquite, dautant que, rchauffement climatique oblige, le niveau de la mer ne cesse de monter. Olivier Maquaire, directeur de lunit, prsente les enjeux du projet ANR RICOCHET un projet dont loriginalit est daborder le problme de lamnagement du territoire dans sa globalit, de la comprhension des processus de changement ctier llaboration de stratgies de gestion durable.

Les falaises des vaches noires
Le projet ANR RICOCHET porte sur l’« évaluation multirisques de trois territoires côtiers en contexte de changement global ». De quels risques parle-t-on ?
Accélération de l’érosion, glissements de terrain, effondrements, mais également submersions, inondations fluviales, ruissellements, coulées boueuses... Le réchauffement climatique ne sera pas sans conséquence pour les zones complexes et fragiles que sont les espaces littoraux. L’érosion côtière résulte de la conjonction de facteurs d’origine naturelle et humaine. Parmi ces facteurs, l’élévation du niveau de la mer est devenue un phénomène inéluctable. Selon les estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat · GIEC, la hausse pourrait atteindre, dans le meilleur des scénarios, cinquante centimètres d’ici la fin du siècle… Le projet RICOCHET vise à mieux comprendre la dynamique des littoraux et à  accompagner les décideurs dans la mise en place de stratégies d’adaptation aux changements climatiques. Trois secteurs normands, connus pour subir de multiples aléas littoraux et continentaux, sont plus spécifiquement ciblés dans le cadre de ce projet : un secteur situé entre Houlgate et Honfleur incluant les falaises des Vaches noires, un deuxième situé entre Quiberville et Dieppe et un dernier, situé entre Criel-sur-Mer et Ault. Une meilleure connaissance des risques est indispensable pour un développement durable de ces territoires.

Quelles sont les étapes de ce projet ?
Le projet RICOCHET a démarré au 1er janvier 2017, pour une durée de quatre ans. La compréhension de la dynamique de ces territoires nécessite une approche pluridisciplinaire : RICOCHET associe donc des géographes, hydrologues, modélisateurs, géomorphologues, statisticiens, climatologues, géologues… soit près de 35 personnes, dont trois doctorants. Nous observons ces territoires depuis de nombreuses années, et nous allons poursuivre le suivi au moyen de drones, de lasers aériens et de lasers terrestres. Nous allons implanter des capteurs sismiques et des capteurs de suivi des modifications des teneurs en eau des sols. Il s’agira d’observer, de modéliser et de cartographier l’évolution de ces espaces littoraux en prise avec les changements climatiques et les activités humaines. Le projet vise ainsi à améliorer la compréhension des interactions entre les processus continentaux et les processus marins, car nous sommes loin d’avoir compris toute la dynamique entre la plage, la falaise et l’arrière-côte.
À titre d’exemple, les galets migrent le long du littoral et peuvent fournir une protection contre l’action de la mer. Mais la projection des galets peut également contribuer à creuser le pied de la falaise et à accélérer l’érosion. L’adaptation de ces territoires littoraux au recul du trait de côte nécessite d’anticiper les évolutions en cours. Elle nécessite également d’identifier les personnes, les biens et les infrastructures exposés, et de caractériser les réactions en chaîne, dont les impacts socioéconomiques. Il s’agit de connaître précisément les risques auxquels ces territoires seront soumis afin que les autorités les anticipent et envisagent des réponses adaptées. Le changement climatique nous oblige à repenser l’aménagement de ces territoires côtiers – des territoires qui seront nécessairement confrontés à des choix difficiles, dont la relocalisation des enjeux exposés.

Les décideurs et gestionnaires locaux sont-ils associés au projet RICOCHET ?
Nos questionnements sont des questionnements scientifiques, des questionnements de recherche fondamentale, mais nous ne faisons pas une recherche désincarnée. Nous souhaitons créer du lien, apporter de nouveaux éclairages, mettre en avant les apports de la science dans notre société. Une des originalités du projet est en effet d’associer les acteurs locaux. Il est important que toutes les parties prenantes évoluant sur les territoires concernés se saisissent de la question de l’évolution du trait de côte pour ne pas avoir à réagir dans l’urgence. Des comités locaux sont ainsi mis en place sur chacun des territoires pour obtenir un diagnostic partagé des enjeux et des stratégies futures, et pour, à terme, co-construire des outils d’aide à la gestion des territoires. Ces comités sont animés par l’Institut régional du développement durable · IRD2. Une 1re réunion s’est tenue le 26 janvier à Dieppe. Les comités locaux seront réunis la dernière semaine de juin 2017 dans chacun des territoires concernés. Un comité global est également mis en place avec  des représentants du ministère de l’Environnement pour faciliter le transfert des connaissances. Ce projet pluridisciplinaire offre une approche globale du problème et s’inscrit dans des préoccupations sociétales fortes en faveur de la mise en place de politiques de prévention.


RICOCHET est un projet de recherche collaborative-entreprises · PRCE associant quatre laboratoires de recherche, un organisme public, une association scientifique et une entreprise :
  • LETG-Caen, Littoral, environnement, télé-détection, géomatique | UMR 6554 | UNICAEN · CNRS
  • LETG-Brest, Littoral, environnement, télé-détection, géomatique | UMR 6554 | UBO · CNRS
  • LGO · Laboratoire géosciences océan | UMR 6538 | UBO | CNRS
  • M2C · Morphodynamique continentale et côtière | UMR 6143 | université de Rouen | CNRS
  • BRGM · Bureau de recherches géologiques et minières, Orléans
  • IRD2 · Institut régional du développement durable (Région Normandie-UNICAEN)
  • Azur Drones
Le projet Ricochet est soutenu par le Pôle de compétitivité Mer-Bretagne. Il bénéficie du soutien et des compétences du Réseau d’observation du littoral normand et picard · ROLNP, du Conservatoire du littoral, et du CEREMA Normandie-Centre, Rouen, France.

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Dernière modification : 29 juin 2017


RESPONSABLES SCIENTIFIQUES

Olivier MAQUAIRE
Stéphane COSTA
Candide LISSAK

UNICAEN
Université de Caen Normandie
Esplanade de la Paix | CS 14032 | 14032 CAEN cedex 5